« Tirer des conclusions serait prématuré »

- 25 février 2015

L'enquête sur les habitudes tabagiques au Luxembourg, réalisée par TNS ILRES au nom de la Fondation Cancer, ne fait pas apparaître de changements significatifs en 2014, par comparaison avec l’année précédente. Toutefois, le nombre croissant de fumeurs dans le groupe des 18 à 24 ans est inquiétant.

L'année dernière, la Fondation Cancer se réjouissait de pouvoir annoncer les résultats de son enquête 2013 sur les habitudes tabagiques au Luxembourg. En effet, un chiffre record de fumeurs, à savoir 60%, annonçait vouloir se libérer de la dépendance nicotinique. Un an plus tard, ils sont un peu moins nombreux, 55 % des fumeurs, à vouloir arrêter de fumer. 19% des fumeurs affirment vouloir réduire leur consommation.

Voilà quelques-uns des résultats de l'enquête annuelle sur les habitudes tabagiques au Luxembourg, menée par TNS ILRES et commanditée par la Fondation Cancer auprès de 3.559 habitants, âgés de plus de 15 ans. Près d'un cinquième (21%) de la population fume, 15% d'entre eux tous les jours. Eu regard aux résultats des années précédentes, la tendance semble aller vers une stabilisation à ces niveaux-là.

Globalement - rien de neuf là non plus - les fumeurs se recrutent en majorité parmi les hommes. 24% des hommes sont fumeurs alors que les femmes restent en-dessous de la barre symbolique des 20% (18%). Si on analyse la répartition des fumeurs selon les différentes classes d'âge, les 25 à 34 ans se situent, avec 29% de fumeurs, à la tête du peloton. Le nombre croissant de fumeurs dans la tranche d’âge des 18 à 24 ans est une source d’inquiétude majeure pour la Fondation Cancer. Dans ce groupe, la proportion de fumeurs a augmenté de 4 points en une année, passant de 20% à 24%. En plus des produits du tabac traditionnels, la shisha (narguilé) reste un moyen de consommation populaire pour ces jeunes : un sur cinq fume la shisha. Environ 2% de la population totale, soit un peu plus de 9.000 personnes, vapotent, c’est-à-dire fument la cigarette électronique.

Au vu de ces chiffres plutôt décevants, on pourrait se demander si l'interdiction de fumer dans les cafés, entrée en vigueur le 1er janvier 2014, a porté ses fruits – en excluant bien entendu la protection des travailleurs du secteur des méfaits du tabagisme passif. Selon la Fondation Cancer, cette question est prématurée. « Cela ne rime à rien de vouloir tirer des conclusions quant à l’effet de la nouvelle loi sur le tabagisme, après une année seulement. Il faudra observer l’évolution à moyen et à long terme », note Lucienne Thommes du département Information de la Fondation. D’autant plus que l'enquête a été menée tout au long de l'année 2014, certains participants ayant été interrogés très peu de temps après la mise en place de l’interdiction. « De toute façon on espère que le gouvernement ne va pas limiter ses mesures anti-tabac à cette seule loi. La Fondation Cancer plaide depuis des années pour une augmentation conséquente des taxes sur les produits du tabac, car cette mesure s’est avérée une des plus efficaces pour obtenir une réduction du nombre de fumeurs.

Le tabagisme en 2014 au Luxembourg en chiffres :

Sur 457.000 personnes résidentes (à partir de 15 ans)
• 361.000 personnes sont non-fumeurs
• 96.000 personnes fument, dont 70.000 tous les jours.

Parmi les 96.000 fumeurs :
• 53.000 fumeurs aimeraient arrêter de fumer
• 18.000 fumeurs aimeraient fumer moins
• 24.000 fumeurs sont satisfaits de leur état tabagique
• 1.000 fumeurs ne se prononcent pas.

Pour en savoir plus sur l’enquête, cliquez sur Le tabagisme au Luxembourg en 2014

Dernière modification le 25 février 2015

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